Acompte ou arrhes : que demander à vos clients à la réservation ?
Demander un paiement à la réservation protège votre agenda des absences. Mais selon le mot employé, acompte ou arrhes, vos droits et ceux de votre client ne sont pas les mêmes. Voici comment choisir, et comment l'écrire.

Un client réserve une coloration de deux heures, un bilan de coaching ou un soin du visage… puis annule la veille, ou ne vient pas. Pour limiter ce risque, beaucoup d'indépendants demandent un paiement à la réservation. Reste une question qui a de vraies conséquences : acompte ou arrhes, quel mot employer ? Les deux mots se ressemblent, mais ils ne donnent pas les mêmes droits, ni à vous ni à votre client.
Ce guide vous explique la différence en termes simples, à partir des textes officiels, puis vous aide à choisir la bonne formule selon votre métier, à rédiger vos conditions et à les appliquer sans froisser personne.

Acompte ou arrhes : la différence en deux phrases
Selon la fiche pratique de la DGCCRF (ministère de l'Économie), l'acompte est un « premier versement à valoir sur un achat » : il marque un engagement ferme des deux parties, sans possibilité de dédit. Les arrhes, elles, laissent à chacun la possibilité de revenir sur sa parole, moyennant un prix connu d'avance.
Autrement dit :
- avec un acompte, le contrat est conclu. Le client s'est engagé à payer la prestation, et vous à la réaliser ;
- avec des arrhes, le contrat contient une porte de sortie. Le client peut se désister en abandonnant les arrhes ; vous pouvez vous désister en les rendant au double.
Ces deux notions concernent tous les métiers de rendez-vous : coiffure, esthétique, coaching, bien-être, photographie, cours particuliers, prestations à domicile.
Ce que dit la loi quand rien n'est précisé
C'est le point que beaucoup d'indépendants ignorent. L'article L214-1 du Code de la consommation prévoit que, sauf stipulation contraire, pour tout contrat de vente ou de prestation de services entre un professionnel et un consommateur, les sommes versées d'avance sont des arrhes. Dans ce cas, « chacun des contractants peut revenir sur son engagement, le consommateur en perdant les arrhes, le professionnel en les restituant au double ».
Conséquence directe : si vous demandez 20 € « pour bloquer le créneau » sans rien écrire de plus, ces 20 € sont juridiquement des arrhes. Le client qui annule les perd, mais il ne vous doit rien de plus. Et si c'est vous qui annulez, vous lui devez 40 €.
Deux autres règles sont utiles à connaître :
- Service-public.fr précise qu'au-delà de trois mois après le versement, les sommes versées d'avance, quel que soit leur nom, portent intérêt jusqu'à la réalisation de la prestation ou jusqu'au remboursement. Cela concerne surtout les réservations très anticipées, comme une séance photo de mariage.
- Toujours selon Service-public.fr, la partie qui se désiste peut être condamnée à verser des dommages et intérêts.
Ces règles visent les relations entre un professionnel et un consommateur. Si vos clients sont des entreprises, comme c'est souvent le cas pour un avocat ou un consultant, d'autres règles peuvent s'appliquer : faites valider vos conditions par un professionnel du droit.
Acompte : le choix de l'engagement ferme
L'acompte sécurise davantage votre chiffre d'affaires : le client qui annule ne peut pas simplement « abandonner » la somme versée pour être libéré. En pratique, pourtant, réclamer le solde d'une prestation non réalisée à un particulier est rarement simple, et rarement bon pour la relation.
L'acompte se justifie surtout quand vous engagez des frais ou bloquez beaucoup de temps pour un client précis :
- photographe : une date de mariage réservée des mois à l'avance, que vous refusez ensuite à d'autres ;
- artisan : du matériel commandé spécialement pour un chantier ;
- coach ou formateur : un programme de plusieurs séances vendu comme un tout.
Pour que la somme soit bien un acompte, le mot doit apparaître clairement dans vos conditions et sur le récapitulatif de réservation. Une formule floue comme « somme versée à la réservation » vous ramène à la règle par défaut : des arrhes.
Arrhes : souples, mais à double sens
Les arrhes conviennent bien aux prestations courtes et répétées : coupe, soin, massage, séance de kiné non remboursée, cours de yoga individuel. Le client sait exactement ce qu'il risque en annulant, et vous gardez une compensation pour le créneau perdu.
Leur limite : la règle joue aussi contre vous. Si vous annulez un rendez-vous pour convenance personnelle, vous devez restituer le double des arrhes. Prévoyez donc dans vos conditions comment vous gérez vos propres imprévus, par exemple en proposant d'abord un report.
Attention aussi à l'équilibre. La DGCCRF classe parmi les clauses présumées abusives celle qui autorise le professionnel à conserver les sommes versées quand le consommateur renonce, sans prévoir pour le consommateur une indemnité équivalente, ou égale au double, quand c'est le professionnel qui renonce. Une clause qui impose au client « une indemnité d'un montant manifestement disproportionné » figure dans la même liste.
Comment choisir selon votre métier
Il n'y a pas de bonne réponse universelle. Voici une grille de lecture pour décider, prestation par prestation :
| Situation | Formule souvent adaptée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Coupe, brushing, épilation, massage d'une heure | Arrhes ou rien | Créneau facile à remplacer, client souvent régulier |
| Coloration, mèches, soin long, première séance | Arrhes | Créneau long, nouveau client, absence coûteuse |
| Séance photo ou événement réservé longtemps à l'avance | Acompte | Date bloquée, autres demandes refusées |
| Programme de coaching ou forfait de séances | Acompte | Engagement sur la durée, préparation sur mesure |
| Intervention d'artisan avec fournitures commandées | Acompte | Frais engagés avant l'intervention |
Une coiffeuse peut ainsi ne rien demander pour une coupe homme, des arrhes pour une coloration, et réserver l'acompte aux forfaits mariage. Le tout est d'être cohérent et de l'annoncer avant la réservation.
Combien demander ?
Aucun texte ne fixe de montant pour les arrhes ou l'acompte d'une prestation de rendez-vous. Le bon réflexe : une somme qui compense une partie du créneau perdu, sans ressembler à une sanction. Un montant trop élevé freine la réservation et, s'il est manifestement disproportionné, peut poser problème.
Quelques repères pratiques, à adapter à votre clientèle :
- calculez ce que vous coûte réellement une absence sur cette prestation (temps bloqué, produits préparés) ;
- demandez une part du prix plutôt qu'un montant fixe identique pour tout, afin de rester proportionné ;
- arrondissez à un montant lisible : le client doit comprendre en une seconde ce qu'il risque ;
- déduisez toujours la somme du prix final : arrhes et acompte ne sont pas des frais supplémentaires.

Rédiger vos conditions de réservation
Vos conditions doivent répondre clairement à quatre questions : de quelle somme s'agit-il (acompte ou arrhes) ? Jusqu'à quand le client peut-il annuler ou reporter ? Que devient la somme en cas d'annulation tardive ou d'absence ? Que se passe-t-il si c'est vous qui annulez ? Affichez-les au moment de la réservation, avant le paiement, et reprenez-les dans l'e-mail de confirmation.
Modèle à adapter (arrhes) :
« Pour confirmer votre rendez-vous, nous vous demandons de régler des arrhes de [montant] €, déduites du prix de la prestation. Vous pouvez annuler ou déplacer votre rendez-vous gratuitement jusqu'à [délai] heures avant : les arrhes vous sont alors remboursées. En cas d'annulation plus tardive ou d'absence, elles restent acquises. Si nous devons annuler votre rendez-vous, nous vous proposons un nouveau créneau ou, si vous le préférez, nous vous restituons le double des arrhes, conformément à l'article L214-1 du Code de la consommation. »
Modèle à adapter (acompte) :
« La réservation de votre [prestation] du [date] est confirmée par le versement d'un acompte de [montant] €, déduit du prix total de [prix] €. Cet acompte vaut engagement ferme de votre part et de la nôtre. Les conditions de report et d'annulation figurent ci-dessous. »
Ces modèles sont des points de départ. Pour une activité réglementée, des prestations coûteuses ou des clients professionnels, faites relire vos conditions par un avocat, un expert-comptable ou votre organisation professionnelle.
Appliquer la règle sans perdre le client
Une politique d'annulation n'est utile que si elle est appliquée. Mais elle sert à protéger votre agenda, pas à punir. Quelques habitudes qui aident :
- rappelez la règle avant le rendez-vous : un rappel la veille qui mentionne le délai d'annulation évite bien des malentendus ;
- proposez d'abord un report quand le client prévient tard mais de bonne foi : vous gardez le client et souvent le chiffre d'affaires ;
- appliquez la même règle à tous, et notez les exceptions que vous accordez (maladie, urgence familiale) pour rester cohérent ;
- restez factuel dans vos messages : « Comme indiqué lors de la réservation, les arrhes restent acquises pour une annulation à moins de 24 h. »
Message à copier après une absence :
« Bonjour [prénom], nous ne vous avons pas vu(e) à votre rendez-vous de [heure] aujourd'hui. Comme prévu dans nos conditions, les arrhes versées restent acquises. Si vous souhaitez reprendre rendez-vous, voici le lien : [lien]. À bientôt ! »
Pour aller plus loin, l'acompte n'est qu'un des leviers contre les absences : rappels, annulation facile et liste d'attente jouent aussi un grand rôle, comme l'explique notre guide pour réduire les rendez-vous non honorés.
- Sans précision, une somme versée d'avance par un consommateur est juridiquement des arrhes (article L214-1 du Code de la consommation).
- Arrhes : le client qui annule les perd, le professionnel qui annule les rend au double.
- Acompte : engagement ferme des deux côtés, à réserver aux prestations longues, coûteuses ou réservées longtemps à l'avance.
- Choisissez prestation par prestation, avec un montant proportionné et déduit du prix final.
- Écrivez vos conditions noir sur blanc, affichez-les avant le paiement et appliquez-les avec tact.
Comment Calendrio vous aide à demander un acompte
Dans Calendrio, le paiement à la réservation se règle prestation par prestation : dans « Mes prestations », vous activez l'acompte en ligne et choisissez un pourcentage du prix, entre 10 et 90 %. Dans « Réservation et annulation », vous fixez le délai d'annulation et indiquez si la somme est remboursée en cas d'annulation dans les délais. Vos clients réservent eux-mêmes en ligne, 24 h/24, et règlent la somme demandée au moment de réserver. Si vous comparez plusieurs outils, notre article sur les critères pour choisir un logiciel de prise de rendez-vous peut vous aider ; coiffeurs, voyez aussi ce qu'un logiciel de rendez-vous doit faire pour un salon.
Vous pouvez tester ces réglages sur vos propres prestations avec l'essai gratuit de Calendrio, sans carte bancaire et sans engagement. Pensez simplement à reprendre dans vos conditions le terme exact, acompte ou arrhes, qui correspond à votre choix.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un acompte et des arrhes ?
Si je n'ai rien précisé, ai-je demandé un acompte ou des arrhes ?
Peut-on garder les arrhes si le client annule ?
Que se passe-t-il si c'est moi qui annule le rendez-vous ?
Et si votre agenda se remplissait tout seul ?
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Essayer Calendrio gratuitement- DGCCRF (economie.gouv.fr) — Acompte, arrhes, avoir
- Service-public.fr — Acompte, arrhes, dépôt et avoir : quelles différences ?
- Code de la consommation — Article L214-1 (texte en vigueur, reproduit par Pappers Justice)
- DGCCRF (economie.gouv.fr) — Clauses abusives : 12 clauses interdites et 10 clauses dont il faut démontrer la légitimité